Cinéma : 1946 a marqué l’apogée du système des studios
En 1946, la fréquentation des salles de cinéma a atteint un sommet, avec plus de 90 millions d’entrées par semaine, soit 60% de la population d’Amérique du Nord.
Le système des studios était à son apogée et John Ford, Alfred Hitchcock et Howard Hawks étaient tous au sommet de leur art, avec des tendances sombres marquant le noir à travers le chef-d’œuvre de Hawk, The Big Sleep. Ford a fait l’un de ses westerns les plus marquants, My Darling Clementine. C’était aussi l’année d’un tournant dans la carrière de Joan Crawford, avec Mildred Pierce, et celle de Rita Hayworth, avec Gilda, où Cary Grant a donné une performance remarquable dans Notorious d’Hitchcock.
En Europe, le néoréalisme italien était à son apogée, avec Shoeshine de Vittorio De Sica, et Paisà de Roberto Rossellini, tourné dans les décombres de l’Europe bombardée. En France, Jean Cocteau a réalisé son meilleur film, La Belle et la Bête. L’Amérique et l’Europe n’avaient jamais été aussi proches et, pour une fois, Hollywood n’était pas seulement une fabrique de rêves ordinaire.
Après la victoire sur le fascisme, épuisée par les coûts de la guerre, Hollywood ressemblait plutôt à un rêveur agité, avec des rêves tourmentés et tumultueux. William Wyler a réalisé l’un des films les plus dérangeants jamais réalisés, consacré au retour des vétérans, The Best Years of Our Lives. Même Frank Capra a présenté une image beaucoup plus sombre que ce dont on se souvient dans It’s a Wonderful Life, reflétant une période où les studios renonçaient enfin à l’illusion habituelle avant de permettre à George Bailey de connaître un dénouement heureux.
Le boom n’a pas duré. La fréquentation a chuté en 1947 à mesure que les couples restaient chez eux, se tournaient vers leurs téléviseurs, et le cinéma a entamé une chute libre dont il ne s’est jamais complètement relevé. – Tom Shone
*Source: The Guardian*
