Cinéma et Shoah ont une relation compliquée. Le sujet attire constamment le cinéma, car il semble offrir un raccourci vers la gravité morale, une profondeur émotionnelle et les enjeux les plus élevés possibles – éléments que tout conteur désire – et pourtant, il y a tellement de choses qui peuvent mal tourner. Bien que le cinéma ait du mal à représenter l’horreur du meurtre nazi de 6 millions de Juifs sans la minimiser, cela n’empêche pas les réalisateurs de raconter des histoires qui se concentrent sur la survie plutôt que sur la mort, ce qui peut être critiqué parfois, comme c’est le cas pour le film le plus connu sur la Shoah, le Schindler’s List.

Etant donné que certains films risquent souvent d’être difficile à regarder, le cinéma a longtemps laissé de côté les horreurs de la Shoah. Cependant, trois nouveaux films sur le sujet prouvent le contraire. Ces films sont très différents les uns des autres, mais ils partagent une croyance tacite que la Shoah reste le cas de test moral ultime de l’humanité. Chaque film trouve sa propre manière de faire face – ou d’éviter – les dilemmes inhérents à la représentation de l’Holocauste.

D’abord, One Life, réalisé par James Hawes et mettant en vedette Anthony Hopkins dans le rôle de Nicholas Winton. Le film se concentre sur la période précédant le déclenchement de la guerre, centré sur la condition de jeunes Winton et sa retraite agitée plusieurs décennies plus tard. Le film échappe au problème de la représentation des horreurs de la guerre, laissant l’imagination du public s’occuper de ces détails.

Ensuite, The Zone of Interest de Jonathan Glazer, adapté du roman de Martin Amis. Le film montre la vie domestique de la famille de Rudolf Höss, le commandant d’Auschwitz. Des scènes de la vie quotidienne sont présentées dans un contexte de camp de concentration, montrant la normalité et l’acceptation de l’horreur environnante qui semblent régner dans la vie de la famille.

Enfin, si ces films abordent le sujet de manières très différentes, ils s’accordent sur une chose : la Shoah demeure le cas de test moral ultime de l’humanité et sa pertinence ne cesse de croître au fil du temps.