
Bambins errant sur le canal, joueurs de mahjong peu soucieux des distances et jeunes se cachant pour boire de la bière : face au vice du Covid zéro, les Pékinois trouvent le moyen de se détendre.
Depuis début mai, la capitale chinoise est au bord d’une épidémie qui dépasse 1 600 infections – un chiffre élevé pour la Chine, qui a une politique stricte de zéro Covid.
Bien que l’épidémie n’ait officiellement causé aucun décès dans la ville de 22 millions d’habitants, les écoles, les restaurants, les commerces non essentiels et plusieurs parcs sont fermés. Les résidents testés quotidiennement ou quasi quotidiennement sont invités à travailler de chez eux.
Ceux qui vivent dans des immeubles résidentiels où des cas d’infection ont été enregistrés sont isolés.
Mais de nombreux habitants jouent au chat et à la souris avec les autorités, contrairement aux directives du Parti communiste au pouvoir, qui a fait de sa politique anti-COVID un signe de sa légitimité.
« Tout est fermé : les cinémas, les musées, même les terrains de foot sont fermés jusqu’à nouvel ordre », énumère Eric Ma, un jeune informaticien venu boire une bière entre amis au bord d’un canal du centre-ville après une journée de travail.
« Je suis claustrophobe. Il faut de l’imagination pour comprendre comment s’amuser.
– « être patient » –
Un homme nage dans la rivière Liangma à Pékin, le 20 mai 2022. (AFP/Archive – Jade GAO)
Des barrières empêchent désormais l’atterrissage sur la pelouse du canal, où de grands pique-niques ont eu lieu ces dernières semaines. L’accès aux rives est toujours possible, mais il est réglementé, et les gardes veillent à ce que les groupes ne se forment pas trop nombreux.
« Soyez patients : vous profiterez du soleil après la fin de l’épidémie », lit-on sur de grandes plaques bleues espacées à intervalles réguliers le long de l’eau.
Mais les instructions n’empêchent pas des dizaines de Pékinois de se presser sur le front de mer, et certains vont même jusqu’à se baigner dans la source chaude pendant la journée.
Dans l’eau, un homme d’âge moyen en profite pour chanter un air d’opéra traditionnel.
D’autres marcheurs ont apporté des chaises et des tables pliantes et même un petit réchaud à gaz pour pique-niquer.
« Parfois, les gardes viennent nous faire partir », raconte Rainer Zhang, une styliste qui a étalé sa nappe de pique-nique au coin d’une rue près du canal Liangmahe dans la zone verte de l’ambassade.
« Mais on s’en fout. Les gens en ont marre des licenciements et des baisses de salaire, et il faut se regrouper pour se défouler », explique-t-elle.
Un peu plus loin, les mamans mangent de la pastèque pendant que les enfants barbotent.
« Ça les fait bouger un peu », note Niu Honglin, dont l’enfant de sept ans marche dans le canal avec des brassards.
« Depuis que les parcs sont fermés, ils n’ont nulle part où aller pour s’amuser. Les enfants deviennent furieux quand ils restent assis à la maison toute la journée et que l’école est loin », se lamente cette mère de famille.
– Blindage et palissade –
Dans les ruelles du vieux Pékin, les pousse-pousse sont au chômage technique, les touristes sont interdits de pénétrer dans certaines zones.
Des gens sont assis devant un café dans la rue à Pékin, le 25 mai 2022. (AFP – Jade GAO)
Mais les jeunes mariés posent pour une photo devant l’ancienne Tour du Tambour, dont la façade a été transformée en zone d’affichage anti-Covid.
À proximité, autour du lac Houhai, les rives remplies de bars et de cafés sont désormais cachées derrière une palissade.
« C’est pour empêcher les gens de se rassembler car la situation avec l’épidémie est grave », explique un ouvrier impliqué dans l’installation de la palissade.
« Nous travaillons la nuit pour éviter de contracter le virus », explique-t-il.
Mais pendant la journée, les retraités des environs se retrouvent pour jouer aux cartes, aux dames chinoises, aux échecs ou au mahjong, sans se soucier des règles de distanciation sociale.
« Nous venons ici tous les après-midi et jouons jusqu’au coucher du soleil », a déclaré un fonctionnaire à la retraite nommé Zao. « Nous faisons cela depuis des années. La pandémie ne nous arrêtera pas.

Grand fan de mangas et d’animes, je n’aime bien écrire qu’à propos de ses sujets, c’est pour ca que j’écris pour 5 minutes d’actus. Au quotidien de décortique, donne mes avis sur les différents épisodes et chapitres des mangas que j’aime lire.
