L'agence spatiale française fête ses 60 ans, par Stefan Barensky › Geeky News - 1

A 60 ans, le Centre national d’études spatiales (Cnes) n’a pas à rougir de son palmarès. A sa création le 19 décembre 1961, l’agence spatiale française n’était guère plus qu’un bureau d’études créé en complément du projet de lanceur national Diamant. Ce dernier a été lancé la veille sous l’égide des militaires, comme aboutissement du programme Pierres Précieuses, dont le but est avant tout de développer les technologies françaises de dissuasion balistique. Un homme ne prétend pas se limiter à ce rôle : le professeur Jacques Blamont, directeur technique du CNES, qui veut fonder une NASA à la française et envoie ses jeunes ingénieurs étudier outre-Atlantique.

En 1965, la France devient la troisième puissance spatiale à atteindre l’orbite, mais le petit satellite Astérix, développé par les militaires, n’émet pas. Quelques jours plus tard, les Américains ont lancé FR-1, une autre sonde spatiale conçue par les équipes du CNES, et ce fut un succès complet. A partir de là, le programme Diamant et ses différents satellites seront sous la responsabilité de l’agence. A titre d’essai, il a supervisé la relocalisation du centre de lancement à Kourou, où le centre spatial guyanais a été inauguré en 1968.

En tant qu’agence nationale, le Cnes joue très vite la carte de la coopération. Avec les États-Unis d’abord, pour un programme de collecte de données, repris par le professeur Blamont, qui deviendra Argos en 1978, dont les orientations sont depuis longtemps entrées dans le langage courant. Il préfigurait l’Internet des objets d’aujourd’hui, qui est actuellement à l’origine de centaines de projets de constellation. Puis avec l’Allemagne, en fusionnant le projet français de satellite de télécommunications Saros et son homologue d’outre-mer Olympia pour créer Symphonie, dans laquelle les grands noms de l’industrie satellitaire d’aujourd’hui font leurs premières.

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Coopération globale et innovation

Au niveau européen, en revanche, les projets reculent. Le premier programme de lanceurs baptisé Europe est géré par Eldo, une agence dirigée par des diplomates qui, très vite, montre son incapacité à coordonner le travail des partenaires. Si tous les étages de fusée (britannique, français et allemand) fonctionnent séparément, ensemble c’est une catastrophe. Face à ce fiasco, le Cnes propose, sous sa houlette, un concept intégré, finalement adopté en 1973 et qui deviendra… Ariane. Le concept gaulien d’accès autonome à l’espace pour l’Europe devait prévaloir pour échapper aux diktats de Washington, qui accepta pourtant de lancer les fameux satellites Symphonie. Autre projet qui émergeait à la même époque des dessins animés du Cnes : Météosat, qu’on ne peut plus imaginer aujourd’hui sans lequel on aurait pu vivre jusqu’en 1977.

A 20 ans, le Cnes invente sans le savoir ce qu’on appellera plus tard le « Nouvel Espace » et bouleverse toute l’économie spatiale. Pour accélérer le rythme des lancements d’Ariane que le marché institutionnel limite à environ deux vols par an, Frédéric d’Allest, à la tête de l’agence, imagine un cabinet d’avocats privé, qui regroupe les constructeurs du programme, pour commercialiser des vols supplémentaires. Ce sera Arianespace. Après avoir critiqué la manœuvre, jugée « irresponsable », l’industrie américaine s’empressera de la copier en 1984.

Rébellion quelques années plus tard dans le domaine de l’observation de la Terre et la création de Spot Image. Le choix du secteur optique, qui repose sur la couverture nuageuse, a été fortement critiqué par des esprits brillants qui ont juré que l’avenir de l’observation de la Terre appartiendrait aux seuls radars. Il était alors de bon ton de se moquer du « Satellite pour occuper Toulouse ». Deux mois après sa sortie en 1986, il est devenu la seule source ouverte d’images de la catastrophe de Tchernobyl, et les critiques se sont comme par magie tus.

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Depuis, le Cnes persiste sur son ADN. D’une part, la coopération dans tous les sens, plaçant l’agence comme un partenaire incontournable sur la scène internationale – sauf en Corée du Nord – au point d’ouvrir des débouchés aux scientifiques français sur les missions les plus passionnantes. Une sonde martienne américaine, Insight, a même été conçue autour d’un sismomètre français ! D’autre part, l’innovation, en soutenant aujourd’hui aussi bien les technologies des laboratoires et de leurs partenaires traditionnels que la nuée de start-up.

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