♥️♥️ « Stranger Things – Saison 4 – Partie 1 »
Série américaine de Matt et Ross Duffer (2022). Disponible sur Netflix
Avec Winona Ryder, David Harbour, Millie Bobby Brown.
Ça valait la peine d’attendre : trois ans après une troisième saison poussive, »Stranger Things» nous revient plus fringant. Avec une différence importante : les épisodes de ce quatrième millésime sont plus longs, moins frénétiques et plus léchés. Dès que les frères Duffer prennent le temps de laisser place à leurs personnages, à la ville d’Hawkins et à leur passion entomologique des années 1980, le charme opère à nouveau. Cette fois, ce n’est plus autour de la personnalité d’Onze, l’étrange jeune fille dotée de super pouvoirs, que l’intrigue se noue mais avec la bande d’adolescents confrontés à la disparition d’un élève de leur lycée. Eddie, un de leurs camarades, est soupçonné d’en être la cause. Il présente, il est vrai, les pires cicatrices de l’époque : il joue à Donjons et Dragons, cultive un look de hard rocker et de dealer.
C’est en tentant de prouver son innocence que les héros vont tomber sur une menace bien plus terrifiante, liée au « monde d’en bas », cette dimension parallèle surnaturelle dont sont issues les créatures qu’ils ont affrontées à travers le passé. Seulement, plus la série regarde du côté du cinéma d’horreur des années Reagan, plus ses effets deviennent spécieux et moins elle a de saveur. Comme pris dans une boucle temporelle, le showrunners soulignez le tout avec un feutre fluo. Et diluer ce qui fait la singularité de leur série, à force de jouer avec les clichés des autres. Espérons qu’ils trouvent un meilleur équilibre dans la deuxième partie de cette quatrième saison, prévue le 2 juillet. COMME
♥️ « Star Wars : Obi Wan Kenobi »
Série américaine de Stuart Beattie, Joby Harold et Hossein Amini (2022). Disponible sur Disney+
Avec Ewan McGregor, Moses Ingram, Rupert Friend. 6 épisodes.
On vous épargnera la liste des dérivés « Star Wars » qui précèdent « Obi-Wan Kenobi », même si ce énième millésime oblige le spectateur distrait à se plonger dans la mythologie de George Lucas avant visionnage. Un long résumé se charge également de contextualiser la série dans cette galaxie narrative tentaculaire, étirée dans tous les sens depuis près d’un demi-siècle : l’intrigue débute quelques années après qu’Obi-Wan croit avoir neutralisé son élève déviant. (le futur Dark Vador). Pourtant, la dictature fait rage, les chevaliers Jedi de son espèce sont pourchassés à mort, et notre héros vit pauvre comme Job et déprimé comme un ouvrier Houellebecquien. Jusqu’au jour où un vieil allié l’oblige à reprendre du service. On peut voir ce que décrivent les deux premiers épisodes de la série (on n’a pas pu voir les suivants), qui reconnectent son héros fatigué à son passé glorieux.
Le procédé n’est pas nouveau : du premier Obi-Wan, un vieillard seventies auquel Alec Guinness a prêté ses traits, au vénérable maître Yoda, « Star Wars » a toujours rénové des totems bons à casser. A la différence que ce refrain, autrefois secondaire, occupe cette fois une place centrale inédite : toujours programmé comme mentor ou serviteur dans une saga qui fait habituellement la part belle à l’apprentissage, cet Obi-Wan apparaît aussi désorienté qu’engourdi. , protagoniste malgré lui d’une installation indolente oscillant entre fétichisme hagard (le lent creusement de son sabre laser) et procrastination pure et simple (il repousse à plusieurs reprises sa nouvelle mission). A cette aune, Ewan McGregor, bien qu’il occupait le poste il y a plus de vingt ans, passe pour une erreur de casting, trop frais pour jouer les vieilles ganaches eastwoodiennes, trop lisse pour donner du relief aux turpitudes d’un personnage plus lymphatique que mal bouché. Sa lassitude reflète bien ce qui ne va pas ici : une absence patente d’envie, de risques et d’idées nouvelles, dans une série qui ressemble plus à une nébuleuse de conventions à respecter qu’à une opportunité de bousculer un imaginaire plus étriqué que jamais. . GL
♥️♥️ « Le Flambeau : Les Aventuriers de Chupacabra »
Série française de Jonathan Cohen et Jérémie Galan (2022). Disponible sur Canal+
Avec Jonathan Cohen, Jérôme Commandant. 9 épisodes.
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Ils ont remis une pièce dans le comptoir. Marc (Jonathan Cohen), le héros de « La Flamme », parodie hilarante d’une téléréalité durant laquelle il cherchait l’amour, scrappe cette fois avec une dizaine de candidats sur une île déserte pour les besoins d’un jeu survivaliste à la » Koh-Lanta ». Si l’on retrouve bon nombre d’invités de la saison précédente, notamment Ana Girardot en candidate trop parfaite, Géraldine Nakache en flic gay sur la défensive et Leïla Bekthi en psychopathe, la formule prend plus de mal au début. Ici, l’humour repose moins sur la relation tordue entre le célibataire et ses conquêtes que sur une comédie de situation plus lourde.
Bien sûr, Jonathan Cohen joue l’idiot pas comme les autres, mais son personnage de conteur à côté de l’assiette, rodé depuis quelques années dans le programme court « Serge le Mytho », finit parfois par se lasser. Pourtant, c’est quand les délires des auteurs vont le plus loin ou sont les plus cruels – un enfant-bulle, un conspirateur, un « parleur de cirque » du Périgord sont candidats – que « le Flambeau » fait mouche. Alcoolisme, antisémitisme, homosexualité, culture redneck… De nombreux tabous passent avec délice à la moulinette alors que la série s’enfonce de plus en plus dans l’absurde, avant un final culminant. Il est assez rare que la télévision se hasarde à rire de ses propres travers pour ne pas saluer le geste. Ce cocktail délirant se boit cul dessus, on attend la saison 3 avec impatience. COMME

Grand fan de mangas et d’animes, je n’aime bien écrire qu’à propos de ses sujets, c’est pour ca que j’écris pour 5 minutes d’actus. Au quotidien de décortique, donne mes avis sur les différents épisodes et chapitres des mangas que j’aime lire.
