Des gigantesques feux de forêt ont ravagé des millions d’hectares de terres dans le nord-est de la Sibérie durant l’été 2021. Un mélange de changements climatiques et de négligence étatique a provoqué cette catastrophe. Considérée comme une « zone de contrôle » par le gouvernement russe, cette région ne bénéficie que de très peu d’aide des autorités publiques. Les coûts liés à la lutte contre les incendies sont jugés excessifs par rapport aux dégâts causés. Le documentaire poignant d’Alexander Abaturov se concentre sur le village rural de Shologon, où la communauté autochtone a tenu tête aux flammes pour protéger leurs maisons.

Shologon, presque exclusivement peuplé de personnes âgées, de femmes et d’enfants, dispose de peu d’équipement pour ralentir l’expansion des feux qui ont été surnommés « Dragon » par les locaux. Mais ce dont la communauté a le plus, c’est une étonnante résilience et une forte camaraderie face à cette calamité sans précédent. Le documentaire est entrecoupé d’images des habitants enveloppés de nuages de fumée noire et de la lecture, par un enfant, d’un conte populaire ancien évoquant un vent puissant et toxique. Cette juxtaposition profonde suggère que leur lutte pour survivre existe depuis des générations.

Laissant lentement défiler des paysages enneigés, des flammes orange et les vêtements traditionnels bleus des villageois, la cinématographie époustouflante du film (signée Paul Guilhaume) évoque les images teintes à la main et expressionnistes des documentaires sur la nature de l’ère silencieuse. Bien que visuellement magnifique, le style délibérément laconique du film peut parfois réduire cette question pressante à une abstration. Compte tenu de l’isolement de Shologon, davantage d’informations contextuelles sur la société et la politique de la région auraient rendu Paradise un travail de non-fiction encore plus substantiel.

Liste des points importants :
– Des gigantesques feux de forêt ont ravagé des millions d’hectares de terres dans le nord-est de la Sibérie durant l’été 2021.
– Les autorités russes considèrent cette région comme une « zone de contrôle » et fournissent peu d’aide à la population locale.
– Alexander Abaturov s’est concentré sur le village rural de Shologon pour montrer les efforts héroïques de la communauté autochtone pour protéger leurs maisons des flammes.
– La cinématographie époustouflante évoque les images teintes à la main et expressionnistes des documentaires sur la nature de l’ère silencieuse.
– Bien que visuellement magnifique, le style laconique du film peut parfois réduire cette question pressante à une abstration.

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