Critique de "Last Things" - Les pierres révèlent leurs souvenirs dans une vision poétique de la vie sur Terre | Film - 1

Deborah Stratman: une vision de la vie sur Terre décentrée

L’artiste et réalisatrice Deborah Stratman offre une vision incroyablement vaste de la vie sur Terre, passant du microscopique à l’intergalactique, délibérément décentrée de l’existence humaine. Son œuvre de longueur moyenne se tourne vers les roches pour trouver des réponses à la grande question de la survie et de l’extinction.

  • Les roches sont des gardiennes de mémoire
  • Une perspective non linéaire du temps
  • Rencontre entre science et fiction
  • Double projection avec Memories of an Unborn Sun

Selon la géologue Marcia Bjornerud, les roches conservent effectivement des souvenirs. Par exemple, une roche mère peut porter des traces de glaciers qui n’existent plus. Ces manifestations physiques des lignes temporelles passées et présentes encouragent une vision différente et non linéaire du temps et du monde en général. Cette perspective synergique se reflète également dans le montage dynamique et associatif de Stratman. Les observations empiriques de Bjornerud sont ponctuées par la voix énigmatique de la réalisatrice Valérie Massadian, qui lit des passages poétiques d’œuvres de Clarice Lispector, J-H Rosny et d’autres.

Alors que la science et la fiction se rencontrent sur un plan sonore, les visuels sont extraits d’un puits fascinant de sources. Des gros plans étincelants de cristallisation aux croquis de Darwin, des images de la NASA des surfaces planétaires aux grottes géantes sur notre propre planète, le montage librement inspiré transmet de manière éblouissante l’insignifiance de la race humaine par rapport à l’immensité de l’univers.

Le film de Stratman est projeté en double programme avec le court métrage de Marcel Mrejen, Memories of an Unborn Sun, qui voit également les roches comme témoins historiques. Utilisant des interviews sur place ainsi que des actualités d’archives, il évoque l’ampleur de la destruction infligée aux paysages rocheux de l’Algérie. Le sol minéral a résisté non seulement aux essais de bombes atomiques, mais aussi à l’extraction continue des ressources naturelles. Ensemble, ces œuvres formellement audacieuses sont liées par un désir de résister à l’anthropocentrisme.

Last Things est à l’ICA, Londres, à partir du 30 août.

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