Au Panama, les tortues marines sont la cible des braconniers et des prédateurs – Science et Avenir › - 1

Depuis la plage de Punta Chame, on aperçoit au loin les lumières et les gratte-ciel de Panama City, où des délégués de plus de 180 pays discutent depuis lundi de nouvelles protections pour les milliers de tortues olivâtres qui viennent pondre leurs œufs sur la plage. , une presqu’île sablonneuse défiant les braconniers et les prédateurs.

Hier soir, Melisa Campo a emmené son fils de 10 ans voir éclore environ 200 bébés tortues Lepidochelys olivacea dans un incubateur près de la plage : « Les enfants devraient voir la libération des tortues pour qu’ils puissent s’immerger dans le sujet car ce sont les générations futures. « , explique-t-elle à l’AFP.

Il est important pour une nouvelle mère que les enfants « apprennent à prendre soin d’une espèce en voie de disparition et à la protéger ».

Les tortues sont au menu de la 19e Conférence sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES), qui se déroule jusqu’au 25 novembre à Panama City, à seulement 43 kilomètres en ligne droite de Punta Chame. Lepidochelys olivacea, qui est en déclin, est classée par la CITES comme espèce « Vulnérable ».

Un membre de la Fondation Tortuguias transporte des bébés tortues avant de les relâcher à terre à Punta Chame, sur la côte Pacifique du Panama, le 13 novembre 2022. (AFP – Luis ACOSTA)

Un peu plus d’un demi-millier de personnes vivent dans cette péninsule au large de la côte pacifique du Panama.

– Combat silencieux –

La plage, où les températures descendent rarement en dessous de 25 degrés Celsius, est le théâtre d’une lutte silencieuse contre le trafic illégal des œufs et de la viande de ces tortues, qui peuvent peser une cinquantaine de kilogrammes à l’âge adulte.

Avec plusieurs volontaires du village, Jorge Padilla, de l’organisation non gouvernementale Tortuguias Foundation, se rend jour et nuit à Punta Chame pour protéger les animaux qui viennent s’y reproduire en creusant dans le sable pour pondre leurs œufs.

« Les menaces qui pèsent sur les tortues marines sur les côtes du Pacifique et des Caraïbes sont vraiment nombreuses », note-t-il. A 25 ans, il est responsable d’une écloserie où naissent chaque jour des centaines de tortues. Les œufs sont ramassés sur la plage pour les protéger de la cupidité des braconniers.

Après 45 jours d’incubation, les petites tortues cassent leur carapace et doivent être relâchées dans les deux heures vers le rivage où elles se jetteront d’abord à la mer. Parmi eux se trouvent des femelles qui survivront dans les filets de pêche et leurs prédateurs reviendront sur la même plage après 18 ou 20 ans. pour y pondre des œufs.

– balles de ping-pong –

Les tortues nées en captivité partent en mer pour la première fois depuis qu’elles ont été relâchées à terre à Punta Chame dans l’océan Pacifique au Panama le 13 novembre 2022 (AFP – Luis ACOSTA)

Tout le monde à Punta Chama sait que les villageois collectent et vendent illégalement des œufs de tortue de la taille d’une balle de ping-pong.

Ils sont vendus au porte-à-porte, généralement pour moins d’un dollar chacun, avec la promesse illusoire de meilleures performances sexuelles masculines, explique Jorge Padilla.

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« Les œufs ne servent à rien. Ce ne sont pas des aphrodisiaques », déclare sans ambages le jeune guide naturaliste. De son côté, Melisa Campo préfère faire une digression, mais admet que les villageois sont dans le métier de collectionner et de revendre. Activités que la CITES entend combattre.

Les chiens errants ou les prédateurs peuvent également s’attaquer aux œufs et aux petites tortues.

Si Jorge Padilla fait fuir les chiens, il n’interfère pas avec la lutte contre les oiseaux de proie : ce sont des prédateurs naturels et font partie de l’équilibre biologique, explique-t-il à l’AFP.